Dans les allées de Rabat, où la culture pulse au rythme de la musique, je me suis assis avec Brahim El Mazned — fondateur et directeur artistique du festival Visa For Music — pour un échange chargé de passion et de vision. Cette rencontre fut un moment humain et artistique fort, car elle reflète non seulement la réussite organisationnelle du festival, mais aussi une conviction profonde dans la capacité de la musique et de la créativité à servir de pont entre les peuples.
Qui est Brahim El Mazned ?
Brahim El Mazned est une figure centrale de la scène culturelle marocaine. À travers l’institution qu’il dirige, Anya Culture, il a lancé en 2014 à Rabat le festival Visa For Music, devenu une plateforme stratégique pour les musiques d’Afrique et du Moyen-Orient.
Anya est également active dans plusieurs domaines : édition musicale, formation, et développement des infrastructures culturelles au Maroc.
El Mazned n’est pas seulement un organisateur de festivals ; il porte une vision culturelle et éthique. Il est reconnu comme consultant culturel international, engagé dans la construction d’une industrie musicale durable en Afrique.
La vision derrière Visa For Music
Comme il l’a exprimé durant l’entretien, El Mazned mise sur la musique en tant qu’outil de rapprochement entre les continents. Visa For Music, organisé chaque année à Rabat, n’est pas un simple festival artistique : c’est un marché professionnel qui rassemble artistes, producteurs et acteurs culturels d’Afrique et du Moyen-Orient.
Selon lui, organiser l’événement au Maroc revêt une symbolique particulière : Rabat, riche de son histoire et de sa diversité, constitue un lieu naturel pour accueillir de telles initiatives créatives. Lors de l’ouverture d’une récente édition, il soulignait que le festival est « un espace d’échange, de rencontres sérieuses et de construction du futur de la musique ».
L’importance du festival pour le Maroc
Le Maroc, selon El Mazned, n’est pas seulement un pays hôte : c’est un partenaire actif dans la construction d’une industrie musicale continentale. À travers Visa For Music, le Royaume contribue au renforcement des échanges entre artistes, tout en soutenant les jeunes et les professionnels grâce à des ateliers, conférences et programmes de formation.
Le festival met aussi en lumière Rabat en tant que capitale culturelle et renforce son rôle dans le développement économique du secteur créatif, notamment grâce au soutien de l’État aux industries culturelles.
Les visions d’El Mazned — du cœur
Lors de la conversation, El Mazned a exprimé sa fierté de voir Visa For Music devenir « une véritable plateforme à la croisée de l’art et de l’initiative économique ». Pour lui, il ne s’agit pas d’un simple événement de divertissement, mais d’un « espace de construction d’une mémoire musicale collective ».
« Nous ne célébrons pas seulement la musique ; nous construisons des ponts entre les artistes et les continents, entre le rêve et le possible, entre le passé et l’ambition. »
Cette phrase, qui condense sa philosophie, illustre sa vision de l’art comme outil de transformation et de communication.
Il décrit aussi sa mission en ces termes :
« Fonder ce festival au Maroc, c’est croire que ce pays peut devenir un véritable point de départ pour une industrie musicale africaine moderne, capable de rivaliser à l’échelle mondiale tout en préservant ses identités et ses racines. »
Défis et ambitions
El Mazned n’a pas ignoré les défis : financement des grands festivals, construction de réseaux professionnels, transformation des talents en projets durables… autant de points qui l’accompagnent depuis les débuts. Mais pour lui, le travail ne fait que commencer : le véritable succès réside dans la transformation de l’échange culturel en économie musicale réelle, créant un impact tangible pour les artistes et la société.
Il souligne également l’importance d’élargir les ateliers de formation musicale — notamment via l’Académie VFM — afin de renforcer les capacités des jeunes talents et d’assurer la continuité de ce type d’initiatives.
Conclusion — Un impact artistique profond
Ma rencontre avec Brahim El Mazned fut plus qu’une interview : une réflexion sur une vision long-termiste. Comment un festival peut-il être plus qu’un festival ? Comment le Maroc d’aujourd’hui peut-il devenir une plateforme de création artistique à l’échelle africaine et mondiale ?
À travers son travail, on voit comment un rêve artistique peut devenir un projet culturel et économique structurant, et comment la musique continue de créer des ponts entre les rives.
C’est, sans aucun doute, un honneur pour tous ceux qui croient que l’art est une langue universelle, et que le Maroc — grâce à des personnalités comme El Mazned — peut écrire de nouveaux chapitres dans l’histoire musicale du monde.


