Lecture analytique de l’entretien de la Revue de la Diplomatie Culturelle avec le Dr Donatius Fai Tandem, Directeur du cinéma et de l’audiovisuel du Cameroun, en marge de la 25ᵉ édition du Festival National du Film
La participation du Dr Donatius Fai Tandem au Festival National du Film de Tanger ne relève nullement du protocole. Elle s’inscrit dans un moment charnière où le Maroc s’impose comme une plateforme africaine stratégique pour repenser l’avenir du cinéma subsaharien, non seulement comme art, mais comme levier culturel, économique et diplomatique.
Dès les premières minutes de l’entretien, le responsable camerounais exprime une admiration qui dépasse la simple courtoisie. Ce qu’il découvre à Tanger, c’est un écosystème structuré, porté par une vision d’État, où le Centre Cinématographique Marocain (CCM) joue un rôle central dans l’architecture du secteur.
Le Maroc, d’un pays producteur à un pôle continental
Le Maroc ne se contente plus d’accueillir des festivals : il exporte un modèle. Un modèle fondé sur la gouvernance culturelle, l’investissement public intelligent et l’articulation du cinéma avec la politique étrangère africaine du Royaume.
Le cinéma africain : un problème de diffusion, pas de créativité
Selon le Dr Fai, le cinéma camerounais regorge de talents et d’imagination. Le véritable défi réside dans la distribution, les salles et l’accès aux marchés internationaux.
Sur ce terrain, l’expérience marocaine apparaît comme un laboratoire de solutions, à travers :
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la coproduction,
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les réseaux de diffusion,
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l’ouverture des festivals,
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la coopération Sud–Sud.
Quand l’État parle le langage de la culture
La phrase du ministre marocain — « Il est temps de raconter nos propres histoires » — résume une philosophie politique où la culture devient un pilier de la souveraineté symbolique.
Cette vision se matérialise par :
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le renforcement du CCM,
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l’ouverture assumée vers l’Afrique subsaharienne,
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l’intégration du cinéma dans la diplomatie culturelle.
Tanger, point de départ des partenariats
Les discussions autour de la coproduction maroco-camerounaise ne relèvent plus de l’intention, mais d’un processus engagé. Le Maroc ne s’interroge pas sur le « pourquoi maintenant », il crée les conditions du « maintenant ».
Un message clair à la jeunesse
Le cinéma n’est pas une voie rapide vers la célébrité, mais un parcours exigeant, fondé sur la formation, la discipline et la passion. Une vision qui rejoint l’approche marocaine du cinéma comme industrie culturelle durable.
Conclusion : le Maroc, locomotive du cinéma africain
Cet entretien révèle une réalité stratégique :
le Maroc est en train de devenir une capitale africaine du cinéma, par la cohérence de ses politiques, la solidité de ses institutions et la profondeur de sa vision.
Dans un monde où le soft power est décisif, le Royaume démontre que le cinéma, bien gouverné, est une politique d’État.


