l’approche de la fin du mandat du gouvernement d’Aziz Akhannouch et des élections prévues en septembre, le chef du gouvernement a choisi de relever ses prévisions de croissance économique pour 2026 à 5,2%, affichant son optimisme quant au contrôle de l’inflation autour de 2% pour la période 2027-2029. Cette annonce intervient alors que les risques géopolitiques augmentent, notamment avec la guerre au Moyen-Orient et les fluctuations des marchés de l’énergie et de l’alimentation.
Selon une circulaire officielle adressée aux ministères sur la programmation budgétaire 2027-2029, les prévisions révisées reposent sur « les signaux avancés et les projections sectorielles », en cohérence avec la Banque du Maroc qui a estimé une croissance de 5,6% lors de sa dernière réunion trimestrielle.
Moteurs de croissance apparents :
- Une amélioration attendue de la saison agricole, avec des récoltes de céréales supérieures aux prévisions de la loi de finances.
- Une dynamique des secteurs non agricoles, avec une croissance prévue de 4,6% en 2025, soutenue par la hausse de 8,2% des ventes de ciment et le retour des touristes (19,8 millions, +14% par rapport à 2024).
- Les transferts des Marocains résidant à l’étranger et les IDE qui ont porté les réserves de change à un niveau record de plus de 442 milliards de dirhams.
Risques internationaux :
Akhannouch souligne la volatilité accrue des politiques commerciales et les tensions géopolitiques liées au conflit au Moyen-Orient, pouvant affecter directement la croissance et accentuer l’incertitude économique. Les perturbations dans le détroit d’Hormuz pourraient limiter la production énergétique, faisant grimper les prix du pétrole et du gaz.
Optimisme ou stratégie électorale ?
Pour l’économiste Mohamed Bernoussi, « la prévision de 5,2% reflète davantage un optimisme politique qu’une transformation structurelle réelle », la croissance étant en grande partie liée à des facteurs agricoles ponctuels. L’économie marocaine souffre encore de déséquilibres structurels : faible productivité, création d’emplois limitée et forte dépendance aux facteurs externes.
Défi majeur :
Il ne s’agit pas seulement de réaliser une croissance élevée, mais de la rendre durable et bénéfique pour l’emploi et le pouvoir d’achat, surtout à l’approche des élections, dans un monde incertain et avec un contexte international instable.


