Contrairement à la période de la guerre contre Gaza, durant laquelle les relations entre Rabat et Tel-Aviv avaient connu une phase de gel relatif au niveau officiel, des indicateurs israéliens récents suggèrent aujourd’hui une dynamique inverse : les relations seraient de nouveau en amélioration, malgré la poursuite du conflit opposant Israël et les États-Unis à l’Iran.
Selon un rapport du quotidien israélien anglophone The Jerusalem Post, plusieurs sources israéliennes estiment que les relations entre Israël et un groupe de pays arabes se sont renforcées dans le contexte de la confrontation avec Téhéran. Le journal cite notamment le Maroc, les Émirats arabes unis et Bahreïn parmi les États qui continuent de développer leur coopération militaire avec Israël, contribuant ainsi à consolider les alliances régionales face à des menaces perçues comme communes.
Les mêmes sources indiquent que plusieurs pays impliqués dans les Accords d’Abraham ont coopéré directement avec Israël sur le plan militaire à certaines étapes du conflit. Même des États n’ayant pas officiellement adhéré à ces accords auraient coordonné leurs actions avec Israël via le commandement central américain, connu sous le nom de United States Central Command. Dans cette lecture stratégique israélienne, la guerre aurait eu un impact plus direct sur certains États arabes que sur Israël lui-même, une allusion implicite à des pays comme l’Arabie saoudite, le Qatar ou le Koweït.
Les attaques récentes de missiles balistiques et de drones attribuées à Téhéran dans la région auraient également contribué à rapprocher plusieurs capitales arabes d’Israël et de Washington. Selon les données évoquées dans le rapport, ces attaques auraient visé ou affecté jusqu’à huit pays arabes : l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn, le Koweït, Oman, la Jordanie et l’Irak.
Dans le cas du Maroc, le rapport souligne qu’à l’instar des Émirats et de Bahreïn, Rabat a progressivement accru son niveau de coopération militaire avec Israël depuis 2020. Le document mentionne également que le Maroc figure, depuis le 16 février 2026, parmi les États appelés à participer à une force internationale destinée à stabiliser la bande de Gaza et à superviser l’application d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et le mouvement Hamas.
Toujours selon les informations relayées par la presse israélienne, environ 130 responsables militaires étrangers auraient visité en novembre 2025 des installations de défense israéliennes afin de recevoir des briefings confidentiels sur les tactiques de l’armée israélienne. Parmi eux figuraient des officiers marocains. Le rapport évoque également des exercices militaires conjoints annoncés publiquement entre Israël et le Maroc en 2023 et 2025. Il rappelle par ailleurs que Eyal Zamir, lorsqu’il occupait le poste de directeur général du ministère israélien de la Défense, aurait facilité l’exportation d’armes vers le Maroc et les Émirats arabes unis avant de devenir chef d’état-major.
Cette reprise progressive des relations intervient après un accord de cessez-le-feu conclu sous médiation américaine l’année précédente, mettant fin à deux années de guerre dévastatrice dans la bande de Gaza. Le conflit avait provoqué une destruction massive de l’enclave palestinienne et un lourd bilan humain, suscitant une vague d’indignation internationale.
Au Maroc, cette guerre avait provoqué une mobilisation populaire importante. Des centaines de manifestations avaient été organisées pour réclamer la suspension des relations diplomatiques, économiques et militaires avec Israël. Sur le plan officiel, les échanges de visites entre responsables gouvernementaux avaient également été suspendus pendant une longue période.
Ce climat de gel diplomatique a commencé à évoluer lorsque le président israélien Isaac Herzog a adressé, le 6 novembre 2025, un message de félicitations au roi Mohammed VI à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Marche verte. Dans ce message, il saluait également l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2797 sur la question du Sahara, la qualifiant de « pas important vers une solution politique durable ».
Malgré ces évolutions diplomatiques, l’opinion publique marocaine reste majoritairement sceptique face à la normalisation avec Israël. Un sondage publié à la mi-2024 par Arab Barometer indiquait que le soutien populaire à la poursuite des relations était tombé à seulement 13 %, contre 31 % en 2022, une chute directement liée à l’impact émotionnel et politique de la guerre à Gaza.


