Dans son analyse des « festivals fictifs » et des prix cinématographiques vendus comme des produits commerciaux, l’écrivain et cinéaste El houssine HNINE, installé en Allemagne, ne se contente pas de décrire un phénomène marginal.
À travers un ton mesuré et un vocabulaire soigneusement choisi, il cherche — sans le dire frontalement — à ouvrir un débat plus large sur la crédibilité du secteur cinématographique marocain et sur ses conséquences culturelles et institutionnelles.
1. Plus qu’une critique : un diagnostic culturel profond
Lorsque Hnin évoque des festivals en ligne distribuant plusieurs prix à n’importe quel participant moyennant paiement, il pointe en réalité :
-
la marchandisation de la création artistique,
-
la fragilisation des valeurs esthétiques,
-
et l’effacement progressif des normes professionnelles.
La “fausse consécration” devient ainsi le symptôme d’un dérèglement plus large de l’écosystème culturel.
2. Une préoccupation diplomatique : préserver l’image internationale du Maroc
En dénonçant le fait que certains films subventionnés obtiennent des “récompenses” sans légitimité et s’en servent ensuite pour revendiquer une reconnaissance internationale, Hnin adopte subtilement le ton d’un porte-voix culturel.
Il laisse entendre que :
La réputation du Maroc dans les circuits cinématographiques n’est pas un jeu, et elle ne doit pas être compromise par des pratiques opportunistes.
C’est un message diplomatique avant même d’être artistique.
3. Une interpellation éthique adressée aux réalisateurs
Sans accuser directement, Hnin invite les professionnels à :
-
respecter les règles du métier,
-
refuser les raccourcis faciles,
-
et construire leur carrière sur la compétence plutôt que sur l’accumulation de trophées virtuels.
Cette manière de dire sans blesser est typiquement diplomatique.
4. La loi 18.23 : un soutien implicite aux efforts étatiques
En mettant en valeur la nouvelle législation imposée par le Centre Cinématographique Marocain, Hnin envoie un signal clair :
-
la régulation est nécessaire,
-
la protection de la réputation cinématographique du pays est une responsabilité collective,
-
et les acteurs privés doivent accompagner cette dynamique.
C’est une forme de diplomatie culturelle qui renforce la confiance entre l’État et les créateurs.
5. Conclusion : un appel à défendre l’intégrité artistique
La pensée profonde qui traverse son texte peut se résumer ainsi :
La valeur d’une œuvre ne se mesure pas à l’épaisseur d’un palmarès acheté, mais à la sincérité de la création.
À travers ce message, HNINE plaide pour une cinématographie marocaine solide, méritoire, et capable de rayonner dans les festivals réellement prestigieux — sans artifices.


