{"id":3215,"date":"2026-10-27T23:16:36","date_gmt":"2026-10-27T23:16:36","guid":{"rendered":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/?p=3215"},"modified":"2026-10-27T23:16:36","modified_gmt":"2026-10-27T23:16:36","slug":"rabat-un-atelier-dikebana-pour-celebrer-70-ans-damitie-entre-le-maroc-et-le-japon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/rabat-un-atelier-dikebana-pour-celebrer-70-ans-damitie-entre-le-maroc-et-le-japon\/","title":{"rendered":"Rabat : un atelier d&rsquo;ikebana pour c\u00e9l\u00e9brer 70 ans d&rsquo;amiti\u00e9 entre le Maroc et le Japon"},"content":{"rendered":"<p>Lundi 26 octobre, au Mus\u00e9e Mohammed VI d&rsquo;Art Moderne de Rabat, l&rsquo;Ambassade du Japon au Maroc proposait un atelier d&rsquo;ikebana, l&rsquo;art japonais de composition florale, dans le cadre des c\u00e9l\u00e9brations du 70e anniversaire des relations diplomatiques entre le Royaume du Maroc et le Japon.<\/p>\n<p>Une grande salle, des fleurs dans des pots, et l&rsquo;odeur de chrysanth\u00e8mes. Derri\u00e8re, Tatjana R. Felberg, formatrice de l&rsquo;\u00e9cole Sogetsu au Maroc, explique en ouverture \u00ab L&rsquo;Ikebana, c&rsquo;est donner une nouvelle vie aux fleurs \u00bb.<\/p>\n<p>Le mot, en effet, se d\u00e9compose en deux \u00e9l\u00e9ments japonais, ikiru (vivre, faire vivre) et hana (fleur). \u00c0 la diff\u00e9rence d&rsquo;un bouquet, l&rsquo;ikebana n&rsquo;est pas compos\u00e9 pour \u00eatre offert puis oubli\u00e9 : il est b\u00e2ti en un lieu pr\u00e9cis, pour une saison, une occasion, une intention.<\/p>\n<p><strong>Trois lignes, un point d&rsquo;ancrage : le kenzan<\/strong><\/p>\n<p>Sur la table de d\u00e9monstration, il y a un vase bas en c\u00e9ramique et, \u00e0 c\u00f4t\u00e9, une petite \u00e9pingle m\u00e9tallique en forme de crinoline, pos\u00e9e sur un socle en bois. C&rsquo;est le kenzan, l&rsquo;\u00e9pingle \u00e0 fleurs : elle se coince au fond du vase et retient les tiges. Sans lui, rien ne tient debout.<\/p>\n<p>Et le plus int\u00e9ressant, ce n&rsquo;est pas la fleur. C&rsquo;est que la composition ne commence pas par les fleurs. La sensei commence par la structure : trois tiges, plant\u00e9es \u00e0 trois points distincts du kenzan, dans trois directions, jamais parall\u00e8les. La plus haute, c&rsquo;est le ciel \u00a0shin. La moyenne, l&rsquo;homme \u00a0soe. La plus basse, la terre \u00a0hikae. Trois lignes, trois angles, et la troisi\u00e8me dimension appara\u00eet : un triangle qui, vu de profil, dessine l&rsquo;\u00e9quilibre de la composition.<\/p>\n<p>\u00ab C&rsquo;est un concept qui n&rsquo;est pas \u00e9vident, m\u00eame quand on le comprend \u00bb, sourit Tatjana R. Felberg. \u00ab Il faut le r\u00e9p\u00e9ter. Tout comme en musique, il faut une pause entre les notes, sinon il n&rsquo;y a plus de comparaison. \u00bb Elle a r\u00e9p\u00e9t\u00e9 la chose trois fois dans la soir\u00e9e, parce que, dit-elle, on peut comprendre un concept et ne pas savoir le faire.<\/p>\n<p>Nous avions \u00e0 notre disposition des roses, des chrysanth\u00e8mes, des feuillages, des branches, des \u00e9pingles en m\u00e9tal et des ciseaux japonais (hasami), tr\u00e8s aff\u00fbt\u00e9s. Une attention particuli\u00e8re fut accord\u00e9e au chrysanth\u00e8me, \u00ab vraiment japonais \u00bb et symbole de la famille imp\u00e9riale.<\/p>\n<p>Une feuille distribu\u00e9e aux participants r\u00e9sumait la le\u00e7on en trois axes avant d&rsquo;ouvrir un espace de cr\u00e9ation. Le th\u00e8me retenu : \u00ab Maroc rencontre le Japon \u00bb. La palette \u00e9tait impos\u00e9e par les deux drapeaux : le rouge, commun aux deux pavillons, pour la vitalit\u00e9, le courage et la c\u00e9l\u00e9bration ; le blanc, fond de la banni\u00e8re japonaise, pour la puret\u00e9 et la paix ; le vert, couleur de l&rsquo;\u00e9toile marocaine, pour la vie et l&rsquo;espoir. Et il fallait choisir un symbole : le cercle du Japon, qui sugg\u00e8re l&rsquo;harmonie et une masse arrondie de fleurs, ou l&rsquo;\u00e9toile du Maroc, l&rsquo;\u00e9nergie rayonnante, des tiges qui partent d&rsquo;un point fixe. Un seul. Un conseil figurait aussi sur la feuille, et il m&rsquo;a sembl\u00e9 r\u00e9sumer tout l&rsquo;art : si \u00e7a vous para\u00eet trop charg\u00e9, retirez plut\u00f4t une tige que d&rsquo;en ajouter une. \u00ab Il n&rsquo;y a pas une seule composition correcte, seulement votre expression personnelle de la c\u00e9l\u00e9bration \u00bb, concluait la fiche.<\/p>\n<p>Tatjana R. Felberg rappela aussi une id\u00e9e qui r\u00e9sonne au-del\u00e0 de l&rsquo;art floral : voir la beaut\u00e9 dans l&rsquo;imperfection. \u00ab Si une branche est un peu jaune, un peu asym\u00e9trique, elle est aussi belle qu&rsquo;une branche sym\u00e9trique. \u00bb \u00c7a, c&rsquo;est assez facile \u00e0 dire et pas si facile \u00e0 appliquer quand on a l&rsquo;impression de rater son vase.<\/p>\n<p>Puis vint le moment o\u00f9 chacun s&rsquo;installa, une pince en main. Au fond, la manipulation est assez r\u00e9p\u00e9titive : on taille, on plante, on recule pour voir. C&rsquo;est l\u00e0 que le travail de Tatjana devient visible, pour de vrai. Les tables se remplirent de compositions : fleurs dress\u00e9es, branches obliques, un vide soigneusement laiss\u00e9 au centre, qui est cens\u00e9 faire partie du dessin. Cette disposition dit mieux l&rsquo;esprit de la soir\u00e9e : la rigueur des lignes japonaises, la chaleur de la palette marocaine, et cette amiti\u00e9 en fleurs, litt\u00e9ralement. On a pass\u00e9 la derni\u00e8re partie \u00e0 regarder les compositions des autres, \u00e0 photographier.<\/p>\n<p>Au terme de la soir\u00e9e, la sensei a rappel\u00e9 le concept qu&rsquo;elle avait pos\u00e9 en ouverture : ichigo ichie, \u00ab une fois, une rencontre unique \u00bb. Nous nous sommes d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9s, certes, mais dans une autre circonstance, dans un autre monde. L&rsquo;ikebana, a-t-elle estim\u00e9, est \u00ab un petit acte d&rsquo;amiti\u00e9 entre les deux pays \u00bb. \u00ab Dans le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, nous avons besoin de gestes de bont\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Ce qui est rest\u00e9, ce n&rsquo;est pas la technique, m\u00eame si le kenzan, \u00e7a ne s&rsquo;oublie pas. C&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;une composition se construit \u00e0 un endroit donn\u00e9, pour une occasion donn\u00e9e, et qu&rsquo;on ne peut pas la rapporter chez soi. Le vide n&rsquo;est pas ce qui manque. Et au fond, plus simple : un peu de gestes fait du bien \u00e0 deux pays. Les vases bas pos\u00e9s sur les tables, une forme de lien s&rsquo;\u00e9tait nou\u00e9e et elle continuera de fleurir, \u00e0 sa fa\u00e7on, entre Rabat et Tokyo.<\/p>\n<p>Atelier \u00ab Ikebana \u00bb, lundi 26 octobre, Mus\u00e9e Mohammed VI d&rsquo;Art Moderne (MMVI), Rabat, dans le cadre des c\u00e9l\u00e9brations du 70e anniversaire des relations diplomatiques Maroc-Japon. Organis\u00e9 par l&rsquo;Ambassade du Japon au Maroc, en partenariat avec la Fondation Nationale des Mus\u00e9es et le MMVI.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lundi 26 octobre, au Mus\u00e9e Mohammed VI d&rsquo;Art Moderne de Rabat, l&rsquo;Ambassade du Japon au Maroc proposait un atelier d&rsquo;ikebana, l&rsquo;art japonais de composition florale, dans le cadre des c\u00e9l\u00e9brations du 70e anniversaire des relations diplomatiques entre le Royaume du Maroc et le Japon. Une grande salle, des fleurs dans des pots, et l&rsquo;odeur de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":3216,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[47],"tags":[],"class_list":["post-3215","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-activites-des-ambassades-et-consulats"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3215","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3215"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3215\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3217,"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3215\/revisions\/3217"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3216"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3215"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3215"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3215"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}