{"id":3240,"date":"2026-11-01T11:00:14","date_gmt":"2026-11-01T11:00:14","guid":{"rendered":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/?p=3240"},"modified":"2026-11-01T15:39:58","modified_gmt":"2026-11-01T15:39:58","slug":"la-minurso-entre-le-veto-russe-et-le-projet-americain-que-revele-le-debat-de-radar-sur-la-nouvelle-phase-du-dossier-du-sahara-marocain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/la-minurso-entre-le-veto-russe-et-le-projet-americain-que-revele-le-debat-de-radar-sur-la-nouvelle-phase-du-dossier-du-sahara-marocain\/","title":{"rendered":"La MINURSO entre le veto russe et le projet am\u00e9ricain : que r\u00e9v\u00e8le le d\u00e9bat de \u00ab Radar \u00bb sur la nouvelle phase du dossier du Sahara marocain ?"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\" data-pm-slice=\"1 1 []\"><strong>Lecture analytique des interventions des invit\u00e9s marocains, russes et am\u00e9ricains, des divergences d\u2019interpr\u00e9tation sur l\u2019avenir de la mission onusienne et des limites du changement intervenu au Conseil de s\u00e9curit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019\u00e9mission \u00ab Radar \u00bb, diffus\u00e9e par Sky News Arabia sous le titre \u00ab Sahara marocain : que signifie l\u2019\u00e9chec du renouvellement du mandat de la MINURSO ? \u00bb, ne r\u00e9side pas simplement dans la pr\u00e9sentation du veto russe ou dans l\u2019explication des raisons pour lesquelles les projets de r\u00e9solution am\u00e9ricain et russe n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s. Ce qui m\u00e9rite une lecture plus approfondie, c\u2019est la confrontation, au sein d\u2019un m\u00eame d\u00e9bat t\u00e9l\u00e9vis\u00e9, de plusieurs visions de ce qui s\u2019est produit au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 et de ses cons\u00e9quences possibles : une lecture marocaine qui s\u2019appuie sur l\u2019\u00e9volution du cadre international du r\u00e8glement, une lecture russe qui examine le projet am\u00e9ricain \u00e0 travers les rapports de force au sein du Conseil et le principe de non-imposition d\u2019une issue politique, et une lecture am\u00e9ricaine qui consid\u00e8re que le maintien d\u2019une mission portant le nom du r\u00e9f\u00e9rendum, apr\u00e8s plus de trois d\u00e9cennies sans organisation de celui-ci, ne correspond plus \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du processus politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9mission, d\u2019une dur\u00e9e d\u2019environ vingt-sept minutes, n\u2019a donc pas \u00e9t\u00e9 un simple \u00e9change de positions officielles. Les interventions de ses invit\u00e9s, parmi lesquels le professeur marocain <strong>Tajeddine El Houssaini, professeur de science politique<\/strong>, ainsi que l\u2019intervenant russe Mahmoud Afandi et l\u2019intervenant am\u00e9ricain Robert Repel, ont permis de comparer les diff\u00e9rentes interpr\u00e9tations du vote, les messages port\u00e9s par le projet am\u00e9ricain et les raisons avanc\u00e9es par Moscou pour justifier son veto. Mais la valeur de ce d\u00e9bat ne se limite pas \u00e0 ce que les invit\u00e9s ont d\u00e9clar\u00e9. Elle tient aussi \u00e0 ce qu\u2019il convient de soumettre leurs arguments \u00e0 l\u2019examen : le veto russe constituait-il une d\u00e9fense de la MINURSO dans sa forme ancienne ou une opposition \u00e0 sa restructuration selon une conception am\u00e9ricaine ? L\u2019\u00e9chec du renouvellement signifie-t-il r\u00e9ellement la fin de la mission, ou ouvre-t-il une p\u00e9riode d\u2019incertitude juridique et politique ? Et qu\u2019est-ce qui a chang\u00e9 dans la position de l\u2019initiative marocaine d\u2019autonomie apr\u00e8s ce vote ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce sont ces questions qui doivent guider notre lecture de l\u2019\u00e9mission, plut\u00f4t que de transformer les interventions en une simple compilation de d\u00e9clarations ou de les reproduire sous la forme d\u2019un article d\u2019actualit\u00e9.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Un double vote : aucun projet ne l\u2019emporte, mais une divergence plus profonde appara\u00eet<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le fait central autour duquel s\u2019est articul\u00e9 le d\u00e9bat est la s\u00e9ance du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 du 30 octobre 2026. Les \u00c9tats-Unis ont pr\u00e9sent\u00e9 un projet de r\u00e9solution visant \u00e0 proroger le mandat de la MINURSO jusqu\u2019au 31 octobre 2027, tout en modifiant son appellation \u00e0 compter du 1er novembre pour la d\u00e9signer comme \u00ab Mission des Nations unies au Sahara occidental \u00bb (MINUSO), et en introduisant des changements dans la nature de sa mission et dans le cadre politique du processus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le projet a obtenu onze voix favorables, mais il a \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9 par le veto russe, tandis que trois membres se sont abstenus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Russie a ensuite pr\u00e9sent\u00e9 un projet concurrent pr\u00e9voyant une prorogation d\u2019un an du mandat de la MINURSO, tout en maintenant son nom et sa structure existante. Ce texte n\u2019a recueilli que trois voix favorables, contre une voix am\u00e9ricaine d\u00e9favorable et onze abstentions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une lecture superficielle pourrait laisser penser que la Russie a bloqu\u00e9 le projet am\u00e9ricain avant d\u2019\u00e9chouer, \u00e0 son tour, \u00e0 faire adopter son propre texte. C\u2019est exact sur le plan proc\u00e9dural, mais insuffisant pour comprendre la port\u00e9e de ce qui s\u2019est produit. Le projet am\u00e9ricain n\u2019a pas \u00e9chou\u00e9 faute de soutien : il a \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9 par l\u2019opposition d\u2019un membre permanent. Le projet russe, en revanche, n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9unir une majorit\u00e9 au sein du Conseil, r\u00e9v\u00e9lant que Moscou, malgr\u00e9 son pouvoir de veto, n\u2019a pas pu transformer son opposition en consensus international autour du retour \u00e0 la formule ant\u00e9rieure de la MINURSO.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La diff\u00e9rence est fondamentale. Le veto russe a emp\u00each\u00e9 l\u2019adoption d\u2019une nouvelle conception am\u00e9ricaine, mais il n\u2019a pas donn\u00e9 \u00e0 la Russie un mandat international pour imposer sa propre alternative. Inversement, l\u2019\u00e9chec du projet russe ne signifie pas que les membres du Conseil ont automatiquement adopt\u00e9 la vision am\u00e9ricaine. Il existe une diff\u00e9rence entre voter contre un texte et approuver le projet concurrent. De m\u00eame, une abstention ne saurait \u00eatre assimil\u00e9e \u00e0 un soutien politique \u00e0 l\u2019une ou l\u2019autre des parties.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce d\u00e9tail est essentiel pour comprendre le d\u00e9bat de \u00ab Radar \u00bb. Il ne s\u2019agissait pas d\u2019une confrontation entre un projet am\u00e9ricain b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un consensus et un projet russe rejet\u00e9 par la communaut\u00e9 internationale. Il s\u2019agissait de deux approches qui n\u2019ont r\u00e9ussi ni l\u2019une ni l\u2019autre \u00e0 obtenir l\u2019adoption d\u2019une r\u00e9solution. La cons\u00e9quence imm\u00e9diate a \u00e9t\u00e9 l\u2019entr\u00e9e du mandat de la mission dans une situation de non-renouvellement, apr\u00e8s son expiration le 31 octobre 2026.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les \u00e9l\u00e9ments publi\u00e9s sur la s\u00e9ance du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 confirment que les deux projets n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s et que l\u2019avenir de la mission est entr\u00e9 dans une phase d\u2019incertitude. Le rapport de Security Council Report montre \u00e9galement que le projet am\u00e9ricain a fait l\u2019objet de plusieurs \u00e9tapes de n\u00e9gociation et de r\u00e9vision avant le vote, sa version finale \u00e9tant diff\u00e9rente de la premi\u00e8re mouture.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">L\u2019intervention marocaine : lire le changement \u00e0 partir du nouveau cadre politique<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019intervention du professeur marocain <strong>Tajeddine El Houssaini, professeur de science politique<\/strong>, occupe une place importante dans le d\u00e9bat, dans la mesure o\u00f9 elle ne traite pas la MINURSO comme une institution onusienne isol\u00e9e de l\u2019\u00e9volution politique du dossier. Elle cherche plut\u00f4t \u00e0 relier l\u2019avenir de la mission aux changements intervenus dans les r\u00e9f\u00e9rences du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 et \u00e0 l\u2019\u00e9volution des positions d\u2019un nombre croissant de pays \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019initiative marocaine d\u2019autonomie sous souverainet\u00e9 du Royaume.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La question centrale de cette lecture marocaine est que la MINURSO a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1991 pour mettre en \u0153uvre un plan de r\u00e8glement dont le r\u00e9f\u00e9rendum constituait l\u2019un des piliers fondamentaux. Or, ce r\u00e9f\u00e9rendum n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 organis\u00e9. Le processus s\u2019est heurt\u00e9, d\u00e8s ses premi\u00e8res ann\u00e9es, \u00e0 des d\u00e9saccords complexes sur la d\u00e9termination du corps \u00e9lectoral et les crit\u00e8res de participation. Le diff\u00e9rend politique s\u2019est prolong\u00e9 pendant des ann\u00e9es, tandis que la mission est progressivement devenue un \u00e9l\u00e9ment du dispositif de gestion de la situation sur le terrain et de surveillance du cessez-le-feu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Trente-cinq ann\u00e9es sans r\u00e9alisation de l\u2019objectif initial placent n\u00e9cessairement la question de l\u2019efficacit\u00e9 de la mission au centre de tout d\u00e9bat sur son avenir. Mais cette question ne suffit pas \u00e0 d\u00e9finir l\u2019alternative. L\u2019\u00e9chec du r\u00e9f\u00e9rendum ne conduit pas automatiquement \u00e0 un r\u00e8glement politique, pas plus que le non-renouvellement du mandat ne signifie que le diff\u00e9rend est juridiquement termin\u00e9 ou que toutes les questions li\u00e9es \u00e0 celui-ci sont d\u00e9finitivement r\u00e9gl\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le changement qui m\u00e9rite le plus d\u2019attention dans la lecture marocaine est la r\u00e9solution 2797, adopt\u00e9e le 31 octobre 2025. Cette r\u00e9solution ne s\u2019est pas limit\u00e9e \u00e0 une prorogation technique du mandat de la MINURSO. Elle a inscrit l\u2019initiative marocaine d\u2019autonomie dans le cadre de r\u00e9f\u00e9rence des n\u00e9gociations et a indiqu\u00e9 qu\u2019une v\u00e9ritable autonomie sous souverainet\u00e9 marocaine pourrait constituer l\u2019issue la plus r\u00e9alisable. Elle a \u00e9galement demand\u00e9 au Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de proc\u00e9der \u00e0 un examen strat\u00e9gique de l\u2019avenir de la mission, en tenant compte de l\u2019\u00e9volution du processus politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, le d\u00e9bat sur la MINURSO ne peut plus \u00eatre s\u00e9par\u00e9 de la question de sa fonction et de la pertinence du maintien de son nom et de ses missions dans leur forme actuelle, alors que le cadre politique de discussion du dossier au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 a \u00e9volu\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut toutefois distinguer ce que la r\u00e9solution 2797 a effectivement \u00e9tabli de ce qu\u2019elle n\u2019a pas d\u00e9cid\u00e9. Elle n\u2019a pas d\u00e9clar\u00e9 la fin du diff\u00e9rend, n\u2019a pas impos\u00e9 un r\u00e8glement d\u00e9finitif et n\u2019a pas transform\u00e9 l\u2019initiative d\u2019autonomie en un accord politique achev\u00e9 entre les parties. Elle a renforc\u00e9 la place de l\u2019initiative marocaine dans le cadre des n\u00e9gociations et ouvert la voie \u00e0 un r\u00e9examen de l\u2019avenir de la mission, tout en laissant le processus politique d\u00e9pendre des n\u00e9gociations et des d\u00e9cisions ult\u00e9rieures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette distinction ne diminue en rien l\u2019importance de l\u2019\u00e9volution diplomatique marocaine. Elle prot\u00e8ge au contraire la lecture nationale contre toute interpr\u00e9tation excessive des faits. La solidit\u00e9 de la position marocaine ne n\u00e9cessite pas d\u2019attribuer \u00e0 une r\u00e9solution ou \u00e0 un vote international une port\u00e9e que son texte ne lui conf\u00e8re pas.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Moscou : le veto ne signifie ni adh\u00e9sion \u00e0 la position marocaine ni d\u00e9fense du Polisario<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019intervention russe est l\u2019une des s\u00e9quences de l\u2019\u00e9mission qui exige le plus de recul analytique. Le veto de Moscou ne peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 simplement comme une opposition au Maroc. Il ne peut pas davantage \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un soutien indirect \u00e0 la position marocaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019intervenant russe, Mahmoud Afandi, a pr\u00e9sent\u00e9 une lecture fond\u00e9e sur les objections de Moscou \u00e0 la formulation du projet am\u00e9ricain et \u00e0 ce qu\u2019elle consid\u00e8re comme une anticipation du r\u00e9sultat du processus politique et une restructuration d\u2019une mission onusienne sans consensus au sein du Conseil de s\u00e9curit\u00e9. Cet argument m\u00e9rite attention : la Russie n\u2019a pas pr\u00e9sent\u00e9 de projet alternatif visant \u00e0 soutenir l\u2019initiative marocaine d\u2019autonomie et n\u2019a pas vot\u00e9 en faveur du texte am\u00e9ricain. Elle a d\u00e9fendu un texte pr\u00e9voyant la prorogation de la MINURSO sous sa forme connue, en maintenant son nom et son cadre onusien ant\u00e9rieur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais l\u2019analyse de la position russe ne peut s\u2019arr\u00eater \u00e0 ses d\u00e9clarations officielles. Le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 n\u2019est pas un espace d\u00e9tach\u00e9 de la comp\u00e9tition entre les grandes puissances. L\u2019utilisation du veto s\u2019inscrit dans des calculs plus larges concernant la place des \u00c9tats-Unis au sein du Conseil et le droit des membres permanents de bloquer des d\u00e9cisions dont ils contestent l\u2019orientation ou la formulation. Cette dimension peut contribuer \u00e0 expliquer le comportement russe, mais elle ne prouve pas, \u00e0 elle seule, que Moscou a pris sa d\u00e9cision en raison de consid\u00e9rations ext\u00e9rieures au dossier du Sahara marocain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre soulign\u00e9 dans l\u2019intervention russe est la diff\u00e9rence entre le rejet du contenu du projet am\u00e9ricain et l\u2019attachement au maintien de la MINURSO. Si l\u2019objectif unique de la Russie avait \u00e9t\u00e9 de pr\u00e9server l\u2019existence de la mission, son projet concurrent aurait logiquement d\u00fb obtenir un soutien plus large. Or, le r\u00e9sultat a \u00e9t\u00e9 tout autre : trois voix seulement ont soutenu le texte russe, tandis que onze membres se sont abstenus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela ne signifie pas que les \u00c9tats abstentionnistes ont adopt\u00e9 le projet am\u00e9ricain. Mais le r\u00e9sultat r\u00e9v\u00e8le que Moscou n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 convaincre le Conseil que la prorogation de la mission sous sa forme ancienne constituait la sortie acceptable de la crise. Elle a pu bloquer un projet, mais n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 imposer une alternative.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il importe \u00e9galement de rappeler que l\u2019opposition russe ne portait pas uniquement sur le changement de nom de la mission. Le projet am\u00e9ricain final comportait des modifications relatives au cadre politique des n\u00e9gociations, \u00e0 la r\u00e9vision de la structure de la mission et \u00e0 ses ressources. Les premi\u00e8res versions du texte allaient plus loin dans la transformation de la MINURSO en une mission politique, avant que la formulation ne soit r\u00e9vis\u00e9e au cours des n\u00e9gociations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant aux hypoth\u00e8ses d\u2019un marchandage russo-am\u00e9ricain ou d\u2019un accord non d\u00e9clar\u00e9 li\u00e9 \u00e0 d\u2019autres dossiers internationaux, les informations publiquement disponibles ne permettent pas de les \u00e9tablir. Elles peuvent \u00eatre \u00e9voqu\u00e9es comme des hypoth\u00e8ses dans l\u2019analyse du comportement des grandes puissances, mais ne doivent pas \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9es comme des faits av\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La lecture marocaine doit donc aborder la position russe avec r\u00e9alisme. L\u2019opposition de Moscou \u00e0 un projet am\u00e9ricain ne constitue pas la preuve d\u2019une hostilit\u00e9 russo-marocaine, pas plus qu\u2019elle ne repr\u00e9sente un service politique rendu au Maroc. La Russie a agi selon sa propre appr\u00e9ciation de ses int\u00e9r\u00eats et de sa position au Conseil de s\u00e9curit\u00e9. Le Maroc doit, pour sa part, \u00e9valuer les positions des \u00c9tats \u00e0 partir de leurs cons\u00e9quences concr\u00e8tes, et non \u00e0 travers les impressions ou les attentes.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Washington : reconna\u00eetre l\u2019\u00e9chec du r\u00e9f\u00e9rendum et tenter de red\u00e9finir la mission<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019intervention am\u00e9ricaine, un argument diff\u00e9rent de celui avanc\u00e9 par la Russie est apparu. L\u2019intervenant am\u00e9ricain Robert Repel est parti du constat que la MINURSO a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1991 pour organiser un r\u00e9f\u00e9rendum qui n\u2019a jamais eu lieu, et que le processus s\u2019est heurt\u00e9 d\u00e8s ses premi\u00e8res ann\u00e9es aux d\u00e9saccords sur la d\u00e9termination des personnes habilit\u00e9es \u00e0 participer au vote. Apr\u00e8s plus de trois d\u00e9cennies, le maintien d\u2019une mission dont le nom renvoie \u00e0 un objectif non r\u00e9alis\u00e9 soul\u00e8ve n\u00e9cessairement la question de la pertinence du cadre institutionnel existant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet argument n\u2019est pas nouveau dans le d\u00e9bat international, mais il a pris un poids suppl\u00e9mentaire avec la r\u00e9solution 2797, puis avec l\u2019examen strat\u00e9gique demand\u00e9 par le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 au Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral. Dans son dernier projet, Washington ne s\u2019est pas content\u00e9e de proposer une prorogation du mandat. Elle a tent\u00e9 de faire de cette prorogation le point de d\u00e9part d\u2019une transformation de l\u2019identit\u00e9 de la mission et de sa place dans le processus politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019intervention am\u00e9ricaine prend toute son importance lorsqu\u2019on la confronte au texte final du projet. Washington proposait de remplacer le nom de la MINURSO par celui de \u00ab Mission des Nations unies au Sahara occidental \u00bb (MINUSO), de proroger son mandat jusqu\u2019au 31 octobre 2027 et de demander des propositions sur sa structure, ses effectifs et ses ressources avant le 30 janvier 2027. Le projet pla\u00e7ait \u00e9galement l\u2019initiative marocaine d\u2019autonomie au centre des n\u00e9gociations et pr\u00e9sentait une v\u00e9ritable autonomie sous souverainet\u00e9 marocaine comme l\u2019issue la plus r\u00e9alisable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il s\u2019agit d\u2019une \u00e9volution politique importante pour le Maroc, mais elle ne doit pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e ind\u00e9pendamment de la proc\u00e9dure onusienne. Le projet am\u00e9ricain n\u2019est pas devenu une r\u00e9solution, puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9 par le veto russe. En outre, contrairement \u00e0 la premi\u00e8re mouture am\u00e9ricaine, le texte final n\u2019a pas d\u00e9finitivement tranch\u00e9 la transformation de la mission en une mission politique sp\u00e9ciale et n\u2019a pas fix\u00e9 de date pr\u00e9cise pour la fin de sa pr\u00e9sence. Une partie de son avenir a \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e aux propositions du Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral et \u00e0 l\u2019\u00e9volution du processus politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La distinction entre la premi\u00e8re mouture et le texte final est donc essentielle. Les confondre reviendrait \u00e0 pr\u00e9senter le projet am\u00e9ricain comme s\u2019il avait conserv\u00e9, jusqu\u2019au vote, toutes les dispositions initialement envisag\u00e9es. Le rapport de Security Council Report montre que la premi\u00e8re version \u00e9tait plus explicite dans sa description de l\u2019initiative marocaine et pr\u00e9voyait une transformation plus nette de la mission en une structure politique, avant que le texte ne soit r\u00e9vis\u00e9 au cours des consultations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, les d\u00e9clarations du repr\u00e9sentant am\u00e9ricain apr\u00e8s le vote, notamment sa critique du veto utilis\u00e9 pour pr\u00e9server la lettre \u00ab R \u00bb de l\u2019appellation de la mission, en r\u00e9f\u00e9rence au r\u00e9f\u00e9rendum, r\u00e9v\u00e8lent que Washington voulait pr\u00e9senter le d\u00e9bat comme une opposition entre le maintien d\u2019une appellation li\u00e9e \u00e0 un processus non r\u00e9alis\u00e9 et la modernisation d\u2019une mission appel\u00e9e \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 politique. Mais ce discours am\u00e9ricain ne change rien au fait que toute modification du mandat d\u2019une mission onusienne reste soumise \u00e0 une d\u00e9cision du Conseil de s\u00e9curit\u00e9. La volont\u00e9 de Washington ne peut, \u00e0 elle seule, devenir une r\u00e9alit\u00e9 institutionnelle.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 suffisamment d\u00e9battu : l\u2019examen strat\u00e9gique et les fonctions r\u00e9elles de la MINURSO<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les \u00e9l\u00e9ments qui m\u00e9ritent un examen plus approfondi figure le document consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019examen strat\u00e9gique de l\u2019avenir de la MINURSO, transmis au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 le 13 octobre 2026 sous la r\u00e9f\u00e9rence S\/2026\/811, conform\u00e9ment \u00e0 la r\u00e9solution 2797.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce document est important parce qu\u2019il d\u00e9passe l\u2019alternative entre le maintien de la mission et sa suppression. Il pr\u00e9sente au Conseil plusieurs sc\u00e9narios. Il examine notamment la poursuite des n\u00e9gociations ou le maintien de l\u2019impasse, la possibilit\u00e9 de redimensionner les effectifs, les missions et les moyens de la MINURSO, y compris une r\u00e9duction du nombre d\u2019observateurs militaires et le recours \u00e0 des \u00e9quipes mobiles de v\u00e9rification et \u00e0 des moyens techniques de surveillance et d\u2019analyse. Il aborde \u00e9galement le sc\u00e9nario d\u2019un accord politique et les t\u00e2ches transitoires qui pourraient en d\u00e9couler, notamment la mise en \u0153uvre de l\u2019accord, le retour des r\u00e9fugi\u00e9s, le d\u00e9sarmement, la d\u00e9mobilisation et la r\u00e9int\u00e9gration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet examen montre que l\u2019avenir de la MINURSO faisait d\u00e9j\u00e0 l\u2019objet d\u2019une r\u00e9flexion institutionnelle avant le dernier vote. Le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9tait donc confront\u00e9 \u00e0 une question plus large qu\u2019un simple renouvellement annuel. Le document reconna\u00eet les difficult\u00e9s qui entravent le travail de la mission, notamment les d\u00e9saccords politiques persistants, les restrictions \u00e0 la libert\u00e9 de mouvement, l\u2019\u00e9volution des conditions de s\u00e9curit\u00e9 ainsi que les contraintes techniques et financi\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est \u00e9galement important de ne pas r\u00e9duire le r\u00f4le de la MINURSO \u00e0 la seule question du r\u00e9f\u00e9rendum. Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, la mission a exerc\u00e9 des fonctions li\u00e9es \u00e0 la surveillance du cessez-le-feu, au suivi des incidents militaires, aux communications entre les parties, \u00e0 la pr\u00e9vention de l\u2019escalade et \u00e0 certaines activit\u00e9s de d\u00e9minage et de sensibilisation aux dangers des mines. Ces fonctions ne signifient pas que la mission a r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9soudre le diff\u00e9rend. Elles montrent toutefois que l\u2019expiration de son mandat soul\u00e8ve des questions op\u00e9rationnelles qui d\u00e9passent le changement de nom ou le retrait de ses \u00e9quipes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En l\u2019absence d\u2019un m\u00e9canisme de surveillance onusien, quelle alternative garantira le suivi des \u00e9volutions sur le terrain ? Comment seront trait\u00e9s les incidents que la mission enregistrait et signalait aux Nations unies ? Quelles garanties permettront d\u2019\u00e9viter les erreurs d\u2019appr\u00e9ciation ou une escalade dans une zone qui a longtemps \u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 des arrangements de cessez-le-feu ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces questions ne diminuent pas la port\u00e9e de la position marocaine et ne contredisent pas la revendication de mettre fin \u00e0 une mission dont les justifications initiales ont perdu leur pertinence. Elles concernent la gestion de la prochaine \u00e9tape, la responsabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat dans la protection de sa s\u00e9curit\u00e9 et de son int\u00e9grit\u00e9 territoriale, ainsi que la pr\u00e9vention de tout vide susceptible d\u2019\u00eatre exploit\u00e9 par les autres parties pour raviver les tensions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il ne serait pas davantage fond\u00e9 de consid\u00e9rer l\u2019expiration du mandat comme une autorisation automatique de modifier tous les arrangements sur le terrain ou de s\u2019affranchir des engagements existants. Les questions relatives \u00e0 la zone tampon, au d\u00e9ploiement militaire et au cessez-le-feu rel\u00e8vent de r\u00e9f\u00e9rences et d\u2019appr\u00e9ciations sp\u00e9cifiques. Elles ne sont pas r\u00e9gl\u00e9es par la seule expiration du mandat onusien.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Le communiqu\u00e9 royal : passer de la gestion du dossier \u00e0 la transformation de ses param\u00e8tres<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le communiqu\u00e9 du Cabinet royal publi\u00e9 le 30 octobre ne s\u2019est pas limit\u00e9 \u00e0 exprimer la satisfaction du Maroc face au non-renouvellement du mandat de la MINURSO. Il a inscrit cet \u00e9v\u00e9nement dans une vision politique plus large, qui entend passer d\u2019une logique de gestion du dossier \u00e0 une approche visant \u00e0 en transformer les param\u00e8tres. Il consid\u00e8re que le non-renouvellement doit conduire au retrait de la mission, de ses personnels, de ses \u00e9quipements et de ses symboles dans les jours suivants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le communiqu\u00e9 a \u00e9galement appel\u00e9 \u00e0 mettre fin \u00e0 la soumission p\u00e9riodique du dossier au Conseil de s\u00e9curit\u00e9, ainsi qu\u2019\u00e0 la poursuite des r\u00e9unions r\u00e9guli\u00e8res, rapports et briefings onusiens qui lui sont consacr\u00e9s. Il a annonc\u00e9 que des d\u00e9marches similaires seraient entreprises au sein d\u2019autres organes des Nations unies. Dans le m\u00eame temps, le Maroc a r\u00e9affirm\u00e9 son attachement au cessez-le-feu, \u00e0 la protection de son int\u00e9grit\u00e9 territoriale et de sa s\u00e9curit\u00e9 nationale, ainsi qu\u2019\u00e0 la poursuite de la dynamique diplomatique aux niveaux bilat\u00e9ral et r\u00e9gional.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette formulation porte un message politique clair : Rabat ne souhaite pas que le non-renouvellement du mandat soit interpr\u00e9t\u00e9 comme un simple blocage proc\u00e9dural au Conseil de s\u00e9curit\u00e9. Le Royaume le consid\u00e8re comme une \u00e9tape dans un processus plus large de red\u00e9finition de la mani\u00e8re dont la communaut\u00e9 internationale traite la question du Sahara marocain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutefois, une lecture juridique exige de distinguer la position marocaine de ses cons\u00e9quences institutionnelles au sein des Nations unies. Le communiqu\u00e9 royal exprime l\u2019orientation de l\u2019\u00c9tat marocain et les d\u00e9marches qu\u2019il entend entreprendre. Mais il ne constitue pas, \u00e0 lui seul, une d\u00e9cision onusienne retirant automatiquement le dossier de l\u2019ordre du jour du Conseil de s\u00e9curit\u00e9. De m\u00eame, l\u2019absence d\u2019une nouvelle r\u00e9solution n\u2019annule pas automatiquement les r\u00e9solutions ant\u00e9rieures et ne met pas fin \u00e0 la comp\u00e9tence du Conseil pour examiner la question, d\u2019autant que la r\u00e9solution 2797 indique express\u00e9ment que le Conseil demeure saisi du dossier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette distinction est essentielle dans l\u2019analyse des interventions de l\u2019\u00e9mission. Lorsqu\u2019on parle de la fin de la MINURSO, il faut pr\u00e9ciser ce que l\u2019on entend : s\u2019agit-il de l\u2019expiration du mandat fix\u00e9 jusqu\u2019au 31 octobre 2026 ? De la fin de la pr\u00e9sence de la mission sur le terrain ? De la disparition du m\u00e9canisme de surveillance ? Ou de la fin du processus politique onusien ? Ces quatre questions sont li\u00e9es, mais elles ne se confondent pas et ne produisent pas les m\u00eames effets juridiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Maroc a clairement exprim\u00e9 sa position concernant la pr\u00e9sence de la mission et la soumission p\u00e9riodique du dossier au Conseil. Mais la traduction de cette position en arrangements onusiens et op\u00e9rationnels d\u00e9pendra des d\u00e9marches des institutions concern\u00e9es, ainsi que des d\u00e9cisions des \u00c9tats membres et des parties.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Les r\u00e9fugi\u00e9s des camps de Tindouf : un dossier qui ne peut rester en marge du d\u00e9bat<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un autre sujet m\u00e9rite une attention particuli\u00e8re dans la discussion sur l\u2019avenir de la MINURSO : la situation des r\u00e9fugi\u00e9s dans les camps de Tindouf, notamment la question de leur enregistrement et de leur recensement sous la supervision du Haut-Commissariat des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le projet am\u00e9ricain comportait des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 cette question, qui d\u00e9passe le d\u00e9bat sur le nom de la mission ou la prorogation de son mandat. L\u2019absence de donn\u00e9es pr\u00e9cises et actualis\u00e9es sur le nombre des r\u00e9fugi\u00e9s, leur situation et leurs besoins affaiblit la capacit\u00e9 des institutions internationales \u00e0 planifier l\u2019action humanitaire. Elle rend \u00e9galement plus complexe le d\u00e9bat politique sur la repr\u00e9sentation, le retour et l\u2019avenir des personnes concern\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le recensement ne doit pas \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 comme une simple op\u00e9ration technique. Les donn\u00e9es d\u00e9mographiques et humanitaires sont li\u00e9es aux droits des personnes, aux responsabilit\u00e9s internationales et \u00e0 la possibilit\u00e9 de construire une vision r\u00e9aliste de tout r\u00e8glement futur. Toute transition vers une nouvelle \u00e9tape devrait donc placer la protection des r\u00e9fugi\u00e9s et leurs conditions de vie au c\u0153ur des pr\u00e9occupations, sans instrumentaliser leur situation dans le d\u00e9bat politique.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Ce que l\u2019\u00e9mission a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 et les questions qu\u2019elle a laiss\u00e9es ouvertes<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">La principale r\u00e9v\u00e9lation de l\u2019\u00e9mission \u00ab Radar \u00bb est que le dernier vote n\u2019\u00e9tait pas un simple d\u00e9saccord sur la prorogation d\u2019un mandat onusien pour une ann\u00e9e suppl\u00e9mentaire. Il constituait un test pour l\u2019avenir d\u2019un dispositif international mis en place en 1991, \u00e0 un moment o\u00f9 les r\u00e9f\u00e9rences politiques \u00e0 partir desquelles le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 examine le dossier ont \u00e9volu\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019intervenant marocain, le professeur <strong>Tajeddine El Houssaini<\/strong>, a lu cette \u00e9volution \u00e0 travers le renforcement de la position internationale de l\u2019initiative marocaine d\u2019autonomie. L\u2019intervenant russe a pr\u00e9sent\u00e9 les objections de Moscou \u00e0 partir du refus de la formulation am\u00e9ricaine et des rapports de force au Conseil de s\u00e9curit\u00e9. L\u2019intervenant am\u00e9ricain a insist\u00e9 sur l\u2019\u00e9chec du r\u00e9f\u00e9rendum et sur la n\u00e9cessit\u00e9 de revoir une mission qui n\u2019a pas r\u00e9alis\u00e9 son objectif initial depuis plus de trois d\u00e9cennies. Ces interventions ont \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9es par des consid\u00e9rations acad\u00e9miques relatives \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 sur le terrain et \u00e0 l\u2019avenir de la surveillance onusienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais l\u2019\u00e9mission laisse \u00e9galement ouvertes plusieurs questions qui exigent un d\u00e9bat d\u00e9passant le temps d\u2019un programme t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 : quelle sera la nature de la phase suivant l\u2019expiration du mandat ? Comment les Nations unies g\u00e9reront-elles l\u2019absence d\u2019une nouvelle r\u00e9solution ? Quel sera le sort des fonctions op\u00e9rationnelles auparavant assur\u00e9es par la mission ? Et quelles d\u00e9marches diplomatiques le Maroc adoptera-t-il pour consolider l\u2019\u00e9volution politique qu\u2019il d\u00e9fend ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9bat doit aussi distinguer les positions officiellement exprim\u00e9es des appr\u00e9ciations personnelles des invit\u00e9s. L\u2019hypoth\u00e8se de calculs russes d\u00e9passant le dossier du Sahara ne prouve pas l\u2019existence d\u2019un accord. L\u2019\u00e9vocation d\u2019un vide s\u00e9curitaire potentiel ne signifie pas qu\u2019il se produira n\u00e9cessairement. Et le renforcement de la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019autonomie ne signifie pas que le r\u00e8glement d\u00e9finitif est d\u00e9j\u00e0 acquis du seul fait de l\u2019\u00e9chec du vote.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La valeur de la lecture marocaine ne r\u00e9side pas dans l\u2019\u00e9vitement de ces questions, mais dans la capacit\u00e9 \u00e0 les traiter avec confiance dans la position nationale, en s\u2019appuyant sur les documents, les r\u00e9solutions et les faits, sans laisser place \u00e0 des interpr\u00e9tations susceptibles d\u2019affaiblir l\u2019argumentation marocaine au lieu de la renforcer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le vote a montr\u00e9 que Washington avait r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9unir onze voix en faveur de son projet, sans pouvoir le faire adopter en raison du veto russe. Il a \u00e9galement montr\u00e9 que Moscou avait pu bloquer le projet am\u00e9ricain, mais n\u2019avait pas r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9unir plus de trois voix en faveur de son propre texte. Entre ces deux r\u00e9sultats, le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 n\u2019a adopt\u00e9 aucune nouvelle r\u00e9solution d\u00e9finissant l\u2019avenir de la MINURSO.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Maroc, pour sa part, a consid\u00e9r\u00e9 le non-renouvellement comme une \u00e9volution strat\u00e9gique appelant une nouvelle \u00e9tape dans la gestion du dossier du Sahara marocain. Le communiqu\u00e9 royal l\u2019a exprim\u00e9 sans ambigu\u00eft\u00e9. Mais le prochain enjeu ne consistera pas simplement \u00e0 proclamer la fin d\u2019une \u00e9tape de trente-cinq ans. Il consistera \u00e0 transformer l\u2019\u00e9volution diplomatique en un processus politique et institutionnel stable, capable de prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats nationaux, de renforcer l\u2019initiative d\u2019autonomie sous souverainet\u00e9 marocaine et de pr\u00e9server la s\u00e9curit\u00e9 et la stabilit\u00e9 dans les provinces du Sud du Royaume.<\/p>\n<div class=\"youtube-embed\" data-video_id=\"DGlo7eiU_JU\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"\u0627\u0644\u0635\u062d\u0631\u0627\u0621 \u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628\u064a\u0629.. \u0645\u0627\u0630\u0627 \u064a\u0639\u0646\u064a \u062a\u0639\u062b\u0631 \u062a\u0645\u062f\u064a\u062f \u0645\u0647\u0645\u0629 \u0628\u0639\u062b\u0629 \u0627\u0644\u0645\u064a\u0646\u0648\u0631\u0633\u0648\u061f | #\u0631\u0627\u062f\u0627\u0631\" width=\"696\" height=\"392\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/DGlo7eiU_JU?feature=oembed&#038;enablejsapi=1\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ce qui a pris fin le 31 octobre, c\u2019est le mandat accord\u00e9 \u00e0 la MINURSO. L\u2019avenir de la pr\u00e9sence onusienne, les modalit\u00e9s de la surveillance sur le terrain et la nouvelle phase du processus politique seront d\u00e9termin\u00e9s par les d\u00e9veloppements et les d\u00e9cisions \u00e0 venir, et non par le seul r\u00e9sultat du vote.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lecture analytique des interventions des invit\u00e9s marocains, russes et am\u00e9ricains, des divergences d\u2019interpr\u00e9tation sur l\u2019avenir de la mission onusienne et des limites du changement intervenu au Conseil de s\u00e9curit\u00e9. L\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019\u00e9mission \u00ab Radar \u00bb, diffus\u00e9e par Sky News Arabia sous le titre \u00ab Sahara marocain : que signifie l\u2019\u00e9chec du renouvellement du mandat de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":3241,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[40,32,36,25,49,29,31],"tags":[],"class_list":["post-3240","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-afrique-m-o","category-amerique","category-asie","category-europ","category-le-maghreb","category-moyen-orient","category-russie-ce"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3240","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3240"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3240\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3242,"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3240\/revisions\/3242"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3241"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3240"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3240"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/diplomatique.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3240"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}