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mardi, septembre 15, 2026

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Ilaria Salis au Parlement européen : « Ceuta n’est pas l’Espagne, ni l’Europe »

« Ceuta n’est pas l’Espagne. » Puis, plus directement encore : « Ceuta n’est pas l’Europe. » Les deux phrases prononcées par l’eurodéputée italienne Ilaria Salis ont suffi à déplacer le débat sur Ceuta vers un terrain qui dépasse largement la seule question migratoire.

Salis, membre du groupe de la Gauche au Parlement européen, a également présenté Ceuta comme une ville située géographiquement en Afrique et l’a décrite comme un « résidu du colonialisme européen ». Ces déclarations ont été faites lors d’un débat au Parlement européen consacré à Ceuta, à la migration et aux frontières extérieures de l’Union européenne.

Le choix des mots compte. En affirmant que Ceuta n’est ni espagnole ni européenne, Salis ne s’est pas limitée à discuter de la gestion des frontières ou de la pression migratoire. Elle a introduit dans le débat la question de la géographie et de l’histoire coloniale européenne en Afrique du Nord.

Cette lecture entre en contradiction avec la position officielle espagnole. Madrid considère Ceuta comme une ville espagnole et comme faisant partie du territoire de l’Union européenne. La question de son statut est régulièrement revenue dans les débats politiques espagnols et européens, notamment lors des épisodes de pression migratoire.

Du côté marocain, la lecture historique et territoriale est différente. Les autorités et responsables marocains ont, à plusieurs reprises, présenté Ceuta comme un territoire marocain situé sur le sol du Royaume, et contesté son caractère européen. Cette position a notamment été exprimée publiquement au Parlement marocain en 2021.

La déclaration de Salis ne modifie évidemment pas, à elle seule, le statut institutionnel de Ceuta. Mais sa portée tient à l’endroit où elle a été prononcée : au sein même du Parlement européen, dans une discussion où la définition de Ceuta comme territoire espagnol et européen constitue habituellement le cadre de référence institutionnel.

Son intervention introduit donc une autre lecture dans une enceinte où les questions de migration, de frontières et de souveraineté sont généralement abordées à partir du cadre juridique existant. Elle ne représente pas nécessairement la position de l’Union européenne, ni celle de l’ensemble des députés européens. Elle constitue la position politique exprimée par une eurodéputée italienne appartenant au groupe de la Gauche.

La majorité des positions exprimées autour de Ceuta restent attachées à la définition espagnole et européenne de la ville. C’est précisément pour cela que les propos de Salis ont retenu l’attention : ils viennent de l’intérieur de l’institution européenne et utilisent deux angles — la géographie africaine et l’héritage colonial — qui déplacent la discussion vers une autre lecture de Ceuta.

Ceuta se retrouve ainsi au croisement de trois définitions qui ne se confondent pas : une définition espagnole et européenne fondée sur son statut institutionnel, une lecture marocaine fondée sur l’histoire et la question territoriale, et désormais, exprimée au Parlement européen par Salis, une lecture qui insiste sur sa localisation africaine et sur l’héritage colonial européen.

La déclaration restera sans effet juridique immédiat. Mais elle est désormais inscrite dans le débat politique européen : au Parlement européen, une eurodéputée italienne a publiquement refusé de réduire Ceuta à sa seule définition espagnole et européenne et a choisi de replacer la ville dans son environnement géographique africain et dans l’histoire de la présence coloniale européenne en Afrique du Nord.

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