Le Caire – La gestion des catastrophes majeures ne constitue plus seulement un test de la capacité des services de secours à se mobiliser rapidement à l’intérieur des frontières nationales. Elle fait désormais partie d’un système international plus sophistiqué, fondé sur des normes communes en matière de formation, d’équipement, de coordination et d’intervention d’urgence. Dans ce contexte, l’Égypte a franchi une nouvelle étape avec l’annonce de l’obtention, par l’équipe de recherche et de sauvetage relevant de l’Administration générale de la protection civile du ministère égyptien de l’Intérieur, d’une classification internationale lui permettant d’opérer dans le cadre de l’International Search and Rescue Advisory Group (INSARAG).
Cette classification revêt une importance qui dépasse largement le cadre d’une certification technique accordée à une équipe égyptienne spécialisée. Elle signifie que l’équipe a été officiellement intégrée au répertoire des équipes de recherche et de sauvetage classifiées au niveau international, ce qui lui ouvre la possibilité de participer à des opérations internationales de réponse aux catastrophes, conformément aux mécanismes et aux normes qui régissent l’action des équipes de recherche et de sauvetage en milieu urbain à travers le monde.
Quatre années de préparation pour parvenir à la classification internationale
Selon le quotidien égyptien Youm7, citant le ministère de l’Intérieur, le ministère a commencé en 2022 à constituer une équipe spécialisée dans les opérations de recherche et de sauvetage, en la dotant des équipements et des capacités nécessaires et en mettant en place des programmes de formation et de qualification fondés sur les normes établies par l’INSARAG.
La durée de cette période de préparation souligne l’ampleur de l’évaluation à laquelle l’équipe a été soumise. L’obtention de la classification internationale n’a pas résulté d’une courte formation ou d’un test unique. Elle est au contraire l’aboutissement d’un processus de près de quatre années, comprenant le développement des compétences humaines, la modernisation des équipements ainsi que la mise en œuvre de nombreux exercices de formation et de simulation portant sur différents scénarios auxquels les équipes de secours peuvent être confrontées lors de séismes, d’effondrements de bâtiments ou de catastrophes de grande ampleur.
Le quotidien Al-Masry Al-Youm a rapporté que le ministère de l’Intérieur avait commencé dès 2022 à équiper l’équipe avec du matériel de pointe, tout en mettant en œuvre des programmes intensifs de formation conformes aux normes de l’INSARAG. Le journal a précisé que l’équipe avait participé à des simulations consacrées à la recherche de victimes ensevelies sous les décombres et au sauvetage de personnes blessées dans des conditions particulièrement complexes.
Un test international de 36 heures
L’étape la plus importante du processus de classification s’est déroulée du 11 au 15 août 2026, lorsque le ministère de l’Intérieur a accueilli l’équipe internationale chargée de la classification dans le cadre de l’INSARAG, ainsi que des délégations d’autres pays participant en qualité d’observateurs.
Selon les informations publiées par le ministère de l’Intérieur et reprises par Youm7, l’évaluation ne s’est pas limitée à la performance des membres de l’équipe. Elle a également porté sur les équipements, les capacités logistiques, les moyens de formation et la capacité de l’équipe à répondre efficacement à des scénarios de catastrophe complexes.
La composante pratique la plus exigeante a consisté en un exercice de simulation continu de 36 heures. Celui-ci comprenait les procédures de préparation de l’équipe, les dispositions nécessaires à son déploiement dans un pays touché par une catastrophe, ainsi que les opérations sur les sites sinistrés, les recherches sous les structures effondrées et le sauvetage des victimes dans des environnements complexes et des conditions extrêmement difficiles.
C’est précisément là que réside l’importance de la classification. Le standard ne se limite pas à évaluer la capacité des membres de l’équipe à extraire une personne prisonnière sous les décombres. Il évalue plutôt un système opérationnel intégré qui commence par la préparation, la mobilisation et le déploiement, se poursuit par les opérations sur le terrain et la coordination, et s’achève par l’évaluation de la capacité à accomplir les missions dans un environnement sinistré particulièrement complexe.
Que signifie la classification INSARAG?
L’INSARAG établit des normes internationales destinées aux équipes de recherche et de sauvetage en milieu urbain. Son système de classification externe vise à vérifier les capacités opérationnelles des équipes selon une méthodologie et des normes reconnues au niveau international et pouvant faire l’objet d’une évaluation indépendante.
Les documents des Nations unies expliquent que le processus de classification externe constitue un cadre permettant de vérifier les capacités opérationnelles des équipes internationales de recherche et de sauvetage. Les équipes classifiées sont également soumises à une reclassification périodique tous les cinq ans, afin de démontrer qu’elles continuent de disposer des capacités opérationnelles requises.
Ainsi, l’obtention de cette classification ne marque pas la fin du processus de développement de l’équipe égyptienne. Elle constitue plutôt le début d’une nouvelle phase, au cours de laquelle l’équipe devra maintenir les standards techniques exigés au niveau international et garantir sa disponibilité opérationnelle.
L’intégration de l’équipe égyptienne au répertoire officiel de l’INSARAG la place également au sein d’un réseau international regroupant des équipes classifiées de différents pays, notamment des équipes de niveau moyen et lourd provenant du monde arabe, d’Europe, d’Asie et d’autres régions.
Le répertoire recense notamment des équipes classifiées du Maroc, de Jordanie, d’Arabie saoudite, du Qatar et de Tunisie, aux côtés d’équipes issues de pays européens, asiatiques et américains.
L’Égypte rejoint un réseau international d’équipes de sauvetage
L’inscription de l’équipe égyptienne dans le répertoire de l’INSARAG confirme que l’Égypte dispose désormais d’une équipe de recherche et de sauvetage classifiée au niveau international, ayant franchi le passage entre des capacités développées à l’échelle nationale et une capacité opérationnelle reconnue au niveau international dans le cadre d’un système de classification externe.
Du point de vue égyptien, cette classification constitue une reconnaissance des investissements consacrés aux ressources humaines, à la formation et aux équipements au sein du secteur de la protection civile du ministère de l’Intérieur. Sur le plan international, elle confère à l’Égypte une capacité supplémentaire à participer aux opérations de réponse aux catastrophes au-delà de ses frontières, conformément à des règles et procédures internationalement reconnues.
Le site d’information égyptien Masrawy a qualifié cette étape de nouvelle réalisation pour la protection civile, soulignant que le ministère de l’Intérieur associait cette classification au renforcement des capacités de réponse aux catastrophes et à l’amélioration des compétences des personnels grâce à des formations fondées sur les méthodes et normes internationales les plus récentes.
De son côté, Al-Masry Al-Youm a mis l’accent sur les quatre années qui ont précédé la classification ainsi que sur l’évaluation pratique de 36 heures, estimant que cette reconnaissance témoignait des progrès réalisés dans la formation des ressources humaines, les équipements et les capacités techniques et logistiques de l’équipe.
Par ailleurs, l’inscription effective de l’équipe égyptienne dans le répertoire officiel de l’INSARAG apporte un élément supplémentaire de vérification indépendante. Il ne s’agit donc plus simplement d’une annonce nationale faisant état de l’obtention d’une classification internationale : l’équipe égyptienne figure désormais directement dans la base de données internationale des équipes de recherche et de sauvetage opérant dans le cadre de l’INSARAG.
Un nouveau rôle pour l’Égypte dans la réponse internationale aux catastrophes
La portée de la classification obtenue par l’équipe égyptienne dépasse le seul aspect technique. Les catastrophes de grande ampleur peuvent rapidement dépasser les capacités disponibles dans les pays touchés, créant ainsi un besoin d’équipes internationales spécialisées capables d’intervenir dans des environnements dangereux et instables.
Dans de telles circonstances, la coordination internationale devient essentielle. Les équipes de secours provenant de différents pays doivent être en mesure de communiquer et d’opérer selon des procédures compatibles, tandis que leurs capacités, leurs équipements, leurs structures de commandement et leurs domaines de spécialisation doivent être clairement identifiés.
C’est précisément le rôle joué par le système de classification de l’INSARAG. En établissant des références reconnues au niveau international, il contribue à créer un langage opérationnel commun entre les équipes de recherche et de sauvetage et facilite leur coordination lorsque l’aide internationale est mobilisée à la suite de catastrophes majeures.
Pour l’Égypte, cette classification représente donc non seulement une réalisation importante pour le secteur de la protection civile du ministère de l’Intérieur, mais aussi un élargissement de la capacité du pays à contribuer aux efforts internationaux d’aide humanitaire et de réponse aux catastrophes.
Cette réalisation met également en évidence l’importance de la préparation à long terme. Lors d’une catastrophe majeure, les premières heures peuvent être décisives, et l’efficacité d’une équipe de sauvetage dépend non seulement du courage de ses membres, mais également de leur formation, de leurs équipements, de leur logistique, de leurs structures de commandement, de leurs moyens de communication et de leur capacité à travailler de manière continue sous une pression extrême.
Le processus de préparation de quatre années suivi par l’équipe égyptienne, puis l’évaluation internationale intensive à laquelle elle a été soumise, montrent que la classification repose sur une conception globale de la préparation opérationnelle plutôt que sur la maîtrise d’une seule compétence technique.
En définitive, l’entrée de l’Égypte dans le système de classification de l’INSARAG inscrit les capacités égyptiennes de recherche et de sauvetage dans un cadre international plus large. Le prochain défi consistera désormais à préserver ce niveau de préparation grâce à une formation continue, à la modernisation des équipements, à des exercices opérationnels réguliers et, à terme, à la reclassification.
Cette réalisation marque ainsi le passage de capacités nationales de secours à une capacité reconnue internationalement, susceptible de contribuer aux opérations de réponse aux catastrophes au-delà des frontières égyptiennes. Elle renforce également la position de l’Égypte au sein d’un réseau international en expansion, dont l’objectif ultime n’est pas seulement de répondre aux catastrophes, mais de sauver des vies lorsque les systèmes d’urgence conventionnels sont dépassés par l’ampleur d’une catastrophe.


