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De l’Algérie à Madrid : Tebboune sur les traces de Sánchez après des années de rupture

Après plusieurs années de tensions politiques, l’Algérie et l’Espagne semblent reprendre le chemin du dialogue. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune se prépare, selon Africa Intelligence, à effectuer une visite officielle à Madrid en octobre prochain. Les équipes de Tebboune et du chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez seraient actuellement engagées dans des discussions pour arrêter la date définitive de la visite et en préciser l’agenda.

Ce n’est pas, dans le contexte actuel, une simple visite protocolaire. Il y a encore peu de temps, Alger et Madrid traversaient l’une des périodes les plus difficiles de leur relation récente. La décision du gouvernement espagnol de soutenir le plan marocain d’autonomie pour le Sahara marocain avait provoqué une réaction particulièrement vive de la part de l’Algérie.

La crise avait dépassé le cadre d’un désaccord diplomatique classique. Alger avait rappelé son ambassadeur à Madrid et suspendu les mécanismes de coopération politique. Les relations commerciales avaient également été affectées, donnant à la crise une dimension qui dépassait largement la seule question du positionnement espagnol sur le dossier du Sahara marocain.

Aujourd’hui, le mouvement s’effectue dans l’autre sens.

La visite de Pedro Sánchez en Algérie, le 20 juillet dernier, a constitué l’un des signes les plus visibles de cette reprise des contacts. Si la visite de Tebboune à Madrid se confirme en octobre, elle en serait la suite logique au plus haut niveau politique.

Mais reprendre le dialogue ne signifie pas nécessairement que les désaccords à l’origine de la crise ont disparu.

La position espagnole sur le Sahara marocain reste un élément essentiel pour comprendre cette nouvelle phase. Madrid n’est pas revenu, à ce stade, au positionnement qui précédait la décision de Sánchez. La dynamique actuelle semble donc davantage correspondre à une volonté de rétablir une relation fonctionnelle malgré les divergences qu’à une réconciliation fondée sur un règlement de celles-ci.

Les dossiers susceptibles d’occuper les discussions donnent d’ailleurs une indication de cette logique. L’énergie figure parmi les sujets importants, tout comme la migration, la sécurité, les investissements et les relations économiques.

Ce sont précisément les domaines dans lesquels une rupture politique prolongée devient difficile à maintenir.

Les questions migratoires continuent de nécessiter une coopération entre les deux rives de la Méditerranée. Les enjeux énergétiques ont leur propre logique. Et les relations économiques ne disparaissent pas simplement parce que les gouvernements traversent une période de désaccord.

Le calendrier des visites est également révélateur.

Sánchez s’est rendu à Alger avant que Tebboune ne soit attendu à Madrid. Le processus ne semble donc pas limité à la réactivation de contacts diplomatiques ou techniques. Les deux capitales cherchent désormais à réinstaller un dialogue politique direct au plus haut niveau.

Reste à savoir ce que produira concrètement cette séquence.

La date de la visite, son programme et surtout les éventuels accords qui pourraient en découler permettront de mesurer sa portée réelle. Une rencontre au sommet peut rétablir le dialogue ; elle ne suffit pas, à elle seule, à effacer les traces d’une crise.

L’Algérie et l’Espagne disposent d’un long héritage de coopération et d’intérêts communs. Mais elles sortent également d’une période où un désaccord politique s’est rapidement propagé à d’autres secteurs de la relation bilatérale.

C’est pourquoi il serait prématuré de parler d’un simple retour à la situation antérieure à la crise. Ce qui se dessine ressemble davantage à une tentative de réorganiser la relation autour des intérêts que les deux pays continuent de partager, tout en maintenant leurs divergences sur certains dossiers.

Le Sahara marocain restera, même en dehors de l’agenda officiel, l’un de ces dossiers.

Il a largement contribué à la détérioration des relations et rien, dans les éléments disponibles à ce stade, ne permet d’affirmer que Madrid prépare un changement de position sur cette question.

La véritable portée de la visite de Tebboune se mesurera donc moins aux images de la rencontre qu’à ce qui sera décidé autour de la table.

Pour l’instant, une chose est établie : Madrid et Alger ont choisi de remettre leurs relations en mouvement. Sánchez est allé à Alger. Tebboune pourrait bientôt se rendre à Madrid. Les dossiers communs reviennent au centre des discussions.

La suite dira si cette reprise des contacts débouche sur une relation durablement stabilisée ou si elle constitue seulement une nouvelle manière de gérer une divergence qui, elle, n’a pas disparu.

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