Wednesday, October 14, 2026
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Mohammed VI fixe les priorités de la prochaine étape : des enjeux du développement à la refonte du partenariat migratoire avec l’Espagne

Le discours royal place le gouvernement et le Parlement face à l’épreuve de l’exécution. Il relie la fierté nationale à la responsabilité, le développement à l’équité territoriale et le partenariat international au respect de la souveraineté et des intérêts mutuels.

Par Jamal Soussi | Journalisme d’analyse et de réflexion approfondie

À l’ouverture de la deuxième session de la douzième législature, ce vendredi 9 octobre 2026, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a présenté au Parlement et au prochain gouvernement une feuille de route dont la portée dépasse les modalités habituelles de gestion des affaires publiques. Le Souverain a établi un lien entre les mutations de l’économie mondiale, la nécessité de lancer une nouvelle génération de grandes stratégies, la réforme des relations entre le centre et les régions, le rétablissement de la confiance des jeunes dans les institutions de leur pays et, enfin, la révision du modèle de coopération internationale en matière de migration. Sur ce dernier point, le message adressé aux partenaires du Royaume, au premier rang desquels figure l’Espagne, revêt une portée particulière.

L’importance de ce discours tient à l’articulation de ses différents axes. L’eau, l’énergie, la sécurité alimentaire, l’industrie, l’économie numérique et l’intelligence artificielle ne constituent pas des dossiers sectoriels indépendants. De même, la justice sociale et l’équité territoriale ne sont pas des résultats que la croissance économique produirait automatiquement. La décentralisation ne saurait se réduire à une mesure administrative, pas plus que le partenariat avec l’étranger ne constitue un privilège accordé unilatéralement. Dans la vision exposée par le Souverain, ces éléments s’inscrivent dans une même équation : la capacité du Maroc à transformer les acquis accumulés en développement durable, en opportunités concrètes et en institutions capables de répondre aux attentes des citoyens.

La fierté nationale : une responsabilité qui dépasse les slogans

Au début de son discours, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a rappelé une déclaration prononcée depuis la tribune parlementaire en 2014 : « Le sentiment le plus précieux de ma vie est ma fierté d’être Marocain ». Le Souverain a souligné que ce sentiment était demeuré profondément ancré en lui et que sa force s’était même accrue au fil des années.

La signification essentielle de ce rappel réside toutefois dans le sens donné à la fierté nationale. Le Roi l’a directement associée à la responsabilité, considérant que l’appartenance à la patrie doit se traduire par un devoir et que la confiance dans l’avenir exige un engagement national permanent. Il ne s’agit donc pas uniquement de rappeler l’histoire du Maroc ou d’énumérer les composantes de son identité, mais de préciser les obligations que cette identité implique dans le présent.

Le discours a associé l’ancienneté de l’État marocain et de l’institution monarchique, l’identité religieuse inscrite dans le cadre de la Commanderie des croyants, la richesse civilisationnelle issue de la pluralité de ses composantes, ainsi que les acquis politiques, diplomatiques, économiques et sociaux du Royaume. Cette articulation inscrit l’identité, la stabilité et le développement dans une conception intégrée de la puissance de l’État et de sa place dans le monde.

Mais transformer la fierté nationale en pratique quotidienne soulève une question qui dépasse la portée symbolique du discours : comment le citoyen peut-il sentir que son appartenance au Maroc lui ouvre des possibilités équitables en matière d’éducation, d’emploi, de santé, de logement et de mobilité sociale ? Comment la confiance dans les institutions peut-elle devenir une expérience concrète, notamment pour les jeunes, qui évaluent les politiques publiques à l’aune de leurs effets sur leur vie ?

Le message royal s’adresse ainsi à toutes les composantes de la société, autant qu’aux responsables publics. La fierté d’être Marocain ne se limite pas à son expression. Elle se renforce lorsque les institutions tiennent leurs promesses en matière de développement et lorsque chaque citoyen constate que les droits, les possibilités et les responsabilités sont répartis selon des règles claires et équitables.

Une nouvelle génération de stratégies : la sécurité économique au cœur de la souveraineté nationale

Le Souverain a ensuite abordé les mutations géoéconomiques mondiales, soulignant la nécessité pour le Maroc d’accélérer les projets d’infrastructure programmés, tout en lançant une nouvelle génération de stratégies dans les domaines de la sécurité hydrique, énergétique et alimentaire, de l’industrialisation, de l’économie numérique et de l’intelligence artificielle.

Cet ordre de priorités révèle une évolution de la nature des défis auxquels l’État doit se préparer. Les infrastructures demeurent indispensables pour relier les territoires et stimuler l’investissement. Elles doivent néanmoins s’accompagner de politiques permettant à l’économie de produire davantage, de réduire ses vulnérabilités et de sécuriser les besoins essentiels, dans un monde où les chaînes d’approvisionnement sont exposées aux fluctuations internationales et à la concurrence entre puissances économiques.

La volonté royale de développer les réserves stratégiques et de sécuriser l’approvisionnement en produits essentiels prend tout son sens dans cette perspective. La sécurité économique ne se mesure pas uniquement au volume des investissements ou à la rapidité d’exécution des projets. Elle se mesure également à la capacité du pays à absorber les perturbations sans que leurs conséquences ne se répercutent brutalement sur les ménages, les entreprises et les services publics.

Dans les domaines de l’eau, de l’énergie et de l’alimentation, l’enjeu concerne désormais la coordination des politiques publiques et la capacité des investissements à produire des résultats durables. Pour l’industrie, l’économie numérique et l’intelligence artificielle, la priorité consiste à relier la transformation technologique à la formation, à la recherche scientifique, au transfert de connaissances et au développement des entreprises. L’utilisation des technologies ne peut rester dissociée de la création de valeur et d’emplois.

Sa Majesté le Roi a également adressé un appel explicite au secteur privé national, l’invitant à devenir un acteur stratégique de la transformation du pays grâce à l’initiative, à l’innovation, à l’investissement, à l’exportation et à la création d’emplois.

Cette orientation place les entreprises marocaines devant une responsabilité qui dépasse la simple exploitation des opportunités offertes par l’investissement public. Elles sont appelées à élargir leurs capacités de production, à renforcer leur compétitivité, à développer leur présence sur les marchés et à contribuer à la création d’emplois stables. En contrepartie, les politiques publiques doivent favoriser un environnement d’investissement lisible, consolider la formation, améliorer les conditions de concurrence et faciliter l’accès au financement et aux marchés.

Le véritable test de ces priorités sera donc leur traduction en résultats mesurables. Quelle sera l’évolution de la valeur ajoutée produite localement ? Quelle qualité auront les nouveaux emplois ? Dans quelle mesure les petites et moyennes entreprises pourront-elles bénéficier des transformations industrielles et numériques ? Et comment la croissance se répercutera-t-elle sur le niveau de vie des citoyens ?

La jeunesse : une confiance qui doit se transformer en opportunités

Au cœur de cette vision, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a placé les questions de la jeunesse parmi les priorités des politiques publiques et des instances de gouvernance. Le Souverain a appelé à une approche intégrée garantissant l’égalité des chances et articulant éducation, qualification et insertion économique.

Cette orientation dépasse la simple mise en place de programmes destinés à une catégorie d’âge. Le défi consiste à construire un parcours cohérent permettant au jeune de passer de l’éducation à l’acquisition de compétences, des compétences à l’emploi, puis de l’emploi à l’autonomie économique et à la mobilité sociale.

La confiance dans les institutions dépend en partie de leur capacité à rendre ce parcours accessible. Lorsque les formations ne correspondent pas aux besoins de l’économie, que les opportunités diffèrent fortement d’un territoire à l’autre ou que l’accès au marché du travail demeure difficile, la réponse ne peut se limiter à l’annonce de nouveaux programmes. Elle exige une coordination entre l’éducation, la formation professionnelle, l’investissement et l’emploi, ainsi qu’une évaluation de l’impact réel des politiques sur les populations concernées.

Le message royal adressé au gouvernement, au Parlement et aux instances de gouvernance implique donc que la situation des jeunes devienne un critère d’évaluation de l’action publique, plutôt qu’un dossier sectoriel dispersé entre plusieurs institutions sans résultats clairement établis.

Une question centrale se pose alors : les politiques destinées à la jeunesse seront-elles évaluées à travers le nombre de programmes annoncés et les budgets mobilisés, ou à partir de leur capacité à garantir une égalité réelle des chances, à élargir l’accès à l’emploi et à renforcer la conviction que l’avenir peut se construire au Maroc ?

La régionalisation avancée : quand l’administration devient une partie du problème ou de la solution

L’un des passages les plus significatifs du discours royal concerne le déplacement du centre de gravité des grandes stratégies vers l’action concrète sur le terrain. Le Souverain a insisté sur la nécessité d’identifier les problèmes réels de chaque territoire et d’y apporter des solutions pragmatiques. Il a lié le développement intégré, l’amélioration des services publics et la stimulation de l’investissement productif à la mise en œuvre effective de la régionalisation avancée et de la déconcentration administrative.

Le message est institutionnellement clair : des décisions élaborées au niveau central ne suffisent pas si les régions et les provinces ne disposent pas des compétences et des ressources nécessaires à leur mise en œuvre. De même, le transfert formel de compétences reste insuffisant s’il ne s’accompagne pas de moyens humains et financiers, d’une répartition précise des responsabilités et de mécanismes de coordination, de contractualisation et de reddition des comptes.

Sa Majesté le Roi a exprimé son refus de voir se prolonger les retards et les lenteurs dans la mise en œuvre intégrale de la Charte de la déconcentration administrative. Il a appelé au transfert des compétences et des ressources nécessaires du centre vers les régions et les provinces, ainsi qu’à la suppression des obstacles qui limitent leur capacité à décider et à exécuter les projets.

Ces orientations confrontent l’administration publique à une question d’efficacité. À quel niveau les projets se bloquent-ils ? Est-ce en raison de l’insuffisance des ressources, du chevauchement des compétences, de la lenteur des procédures ou du manque de coordination entre les administrations centrales et les services territoriaux ? Les réponses ne peuvent relever de déclarations générales. Elles nécessitent un diagnostic précis pour chaque territoire, une identification des responsabilités, des échéances d’exécution et des mécanismes de suivi.

L’équité territoriale exige également de tenir compte de la diversité des besoins locaux. Les priorités d’une région en matière d’eau, de transport, d’investissement ou de services sociaux peuvent différer de celles d’une autre. Donner davantage de pouvoir de décision aux régions ne doit donc pas devenir une fin administrative en soi, mais un moyen d’adapter les politiques publiques aux réalités du terrain.

La responsabilité du gouvernement est désormais engagée dans l’achèvement du transfert des compétences et des ressources. Celle du Parlement concerne le suivi de l’exécution et le contrôle des secteurs concernés. Quant aux institutions territoriales, elles doivent transformer les compétences qui leur sont confiées en projets et en services concrets. Pour le citoyen qui attend la résolution d’un problème local, la répartition administrative des pouvoirs importe moins que le résultat obtenu.

Maroc-Espagne : le partenariat migratoire face à la nécessité d’une révision

Dans le volet consacré aux relations extérieures, le discours royal a abordé la question migratoire en rappelant la place du Maroc en tant que partenaire international responsable et fiable. Le Souverain a souligné que l’approche équilibrée adoptée par le Royaume avait produit des résultats tangibles. Il a cependant estimé que le modèle actuel de coopération dans ce domaine était devenu dépassé et que les crises récurrentes révélaient la nécessité d’en revoir les fondements.

Cette déclaration revêt une portée politique importante. Dans la vision exposée par le Roi, le Maroc ne considère pas la migration comme un simple dossier sécuritaire lié au contrôle des frontières. Il s’agit d’une question où se croisent les responsabilités des États, le développement, la stabilité régionale, les législations et les intérêts des sociétés concernées.

Le Souverain a expressément cité l’Espagne, évoquant les progrès accomplis dans le partenariat bilatéral dans plusieurs domaines, notamment la lutte contre la migration irrégulière. Il s’est ensuite arrêté sur les difficultés liées à certaines dispositions légales et décisions judiciaires qui, selon le discours, entravent le rapatriement de mineurs et de certaines personnes qui se prévalent indûment du statut de demandeur d’asile, tout en alimentant les ambitions des réseaux criminels.

Cette position appelle une lecture rigoureuse, car la question migratoire se situe à l’intersection de la souveraineté nationale, des obligations de coopération bilatérale, du respect du droit et de la protection des personnes, en particulier des mineurs. Le traitement des divergences relatives aux législations et aux procédures judiciaires nécessite donc d’identifier précisément les points de friction et de privilégier un dialogue institutionnel capable de préserver les intérêts légitimes des États tout en respectant les cadres juridiques applicables.

Le message politique le plus marquant réside dans l’affirmation royale selon laquelle le partenariat relève d’un choix souverain et d’un engagement volontaire, et qu’il ne saurait faire l’objet de pressions, de menaces ou de chantage. Cette formulation replace la coopération internationale dans un cadre fondé sur l’équilibre des engagements réciproques et le respect des décisions souveraines.

Le Souverain a également annoncé que le Maroc présenterait à ses partenaires un document définissant une vision stratégique claire et opérationnelle, destinée à ouvrir une nouvelle étape de coopération, fondée sur le développement partagé, la compétitivité économique et la stabilité régionale.

Cette initiative ouvre la voie à un dépassement de la gestion répétitive des crises au profit d’une conception plus globale de la coopération. La valeur de cette future vision dépendra toutefois de son contenu concret. Comment les responsabilités seront-elles réparties ? Quels instruments permettront de mettre en œuvre les engagements ? Comment la gestion des migrations sera-t-elle articulée avec le développement économique et la coopération frontalière ? Quelles garanties permettront d’éviter que les différends juridiques ne se transforment régulièrement en crises politiques ?

Le message adressé à l’Espagne ne peut être dissocié de la nature de la relation entre les deux pays, caractérisée par des intérêts économiques, humains et sécuritaires étroitement imbriqués. La durabilité de cette coopération exige des canaux institutionnels capables de traiter les désaccords, une répartition transparente des responsabilités et une volonté d’éviter que la question migratoire, particulièrement sensible, ne devienne un instrument de confrontation politique ou médiatique.

La révision du modèle migratoire s’inscrit ainsi dans une vision plus large du partenariat maroco-espagnol et de la coopération internationale. Il ne s’agit plus de limiter l’action commune à la gestion circonstancielle des frontières, mais de l’inscrire dans une dynamique de développement partagé, de compétitivité et de stabilité, tout en maintenant le principe du libre consentement des partenaires et du respect de la souveraineté.

Parlement et gouvernement : de la confiance électorale à l’engagement envers les citoyens

À la fin de son discours, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé un message direct aux membres de la Chambre des représentants. Il leur a rappelé que le mandat parlementaire constitue un engagement politique et un contrat moral envers les citoyens, les appelant à assumer leurs responsabilités devant Dieu, les citoyens et l’Histoire.

Ce rappel prend toute sa signification à la lumière des priorités économiques, sociales, institutionnelles et diplomatiques définies dans le discours. Leur mise en œuvre exige un Parlement doté d’une capacité réelle de contrôle et de suivi des politiques publiques, d’examen des choix gouvernementaux, de discussion des budgets, d’évaluation des résultats et de mise en cause des responsables lorsque des blocages persistent.

Le rôle du Parlement ne se limite ni à l’adoption des lois ni à l’approbation des programmes. Il consiste également à vérifier que les choix publics répondent aux besoins réels de la société, que les ressources mobilisées se traduisent en services et en opportunités, et que les dysfonctionnements ne perdurent pas sans explication ni correction.

Dans cette perspective, la responsabilité politique ne se mesure pas uniquement à la présence aux séances ou aux positions publiquement exprimées. Elle s’évalue à la capacité d’exercer les fonctions législatives et de contrôle, ainsi qu’à la faculté de servir d’intermédiaire entre la société et les institutions.

Le prochain gouvernement devra, pour sa part, transformer les priorités royales en programmes cohérents, assortis d’échéances précises et d’indicateurs permettant de mesurer les progrès accomplis.

La responsabilité des partis politiques s’étend également à l’encadrement des citoyens, à la présentation d’alternatives susceptibles d’être débattues et au rapprochement de la participation politique des préoccupations quotidiennes. La confiance dans les institutions se renforce lorsque les citoyens constatent que leur voix continue de compter dans les politiques qui affectent leur vie et que la représentation politique se traduit par un suivi, un contrôle et des résultats.

Les questions que le discours ouvre pour la prochaine étape

La lecture d’ensemble du discours royal conduit à plusieurs interrogations stratégiques qui détermineront, dans une large mesure, la manière dont les orientations annoncées seront mises en œuvre :

  • Comment le gouvernement traduira-t-il les priorités liées à l’eau, à l’énergie, à l’alimentation, à l’industrie et à l’intelligence artificielle en programmes intégrés, avec des financements, des échéances et des résultats attendus clairement définis ?
  • Comment mesurera-t-on les effets de la croissance économique sur la justice sociale et territoriale, ainsi que sur la capacité des ménages et des jeunes à améliorer leurs conditions de vie ?
  • Quelles mesures concrètes permettront de faire passer la déconcentration administrative des textes à la pratique quotidienne et de doter les régions des compétences et des ressources nécessaires ?
  • Comment les politiques de jeunesse seront-elles articulées avec l’éducation, la formation et l’emploi afin de garantir l’égalité des chances entre les territoires et les catégories sociales ?
  • Quels engagements le secteur privé prendra-t-il en matière d’investissement productif, de création d’emplois, d’exportation et d’innovation ?
  • Comment la nouvelle vision de la coopération migratoire sera-t-elle élaborée pour concilier souveraineté nationale, coopération bilatérale et considérations juridiques et humanitaires ?
  • Quels mécanismes le Parlement mettra-t-il en place pour contrôler l’exécution des priorités, demander des comptes au gouvernement et informer les citoyens des réalisations, des retards et de leurs causes ?

Ces questions ne préjugent pas des résultats de la prochaine étape et ne supposent pas que toutes les réponses soient déjà disponibles. Elles découlent des enjeux placés au premier plan par le discours et permettent d’identifier les domaines qui exigeront des décisions précises et des indicateurs vérifiables pour évaluer l’exécution.

La portée des orientations royales se mesurera à leurs effets sur le terrain

Le discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI dessine les contours d’une étape qui exige de faire progresser ensemble l’ambition économique et la justice sociale, le développement des infrastructures et le renforcement de la sécurité stratégique, la consolidation de l’identité nationale et la transformation de l’appartenance en responsabilité, ainsi que l’élargissement des partenariats internationaux et la protection des intérêts souverains du Royaume.

Ces différents axes convergent vers une idée centrale : la puissance d’un État ne se mesure pas uniquement aux projets qu’il réalise et aux acquis qu’il accumule. Elle se mesure également à sa capacité à transformer ces réalisations en opportunités accessibles aux citoyens, en services bénéficiant à toutes les régions, en institutions pleinement responsables et en partenariats fondés sur l’équilibre et le respect mutuel.

Le Souverain a fixé des priorités claires et placé le gouvernement, le Parlement, l’administration et le secteur privé devant des responsabilités complémentaires. La prochaine étape sera évaluée à l’aune de la traduction de ces orientations en décisions applicables, de la capacité des institutions à dépasser les lenteurs administratives et la dispersion des responsabilités, ainsi que des résultats obtenus en matière de développement, de confiance et d’équité territoriale.

La question qui demeure ouverte pour l’ensemble des acteurs concernés est donc la suivante : comment transformer les priorités annoncées en engagements précis, puis en résultats que les citoyens pourront constater dans leur vie quotidienne ? C’est à cette étape que la qualité de l’exécution déterminera le bilan de la prochaine phase et la contribution réelle de celle-ci à la trajectoire économique, institutionnelle et diplomatique du Maroc.

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